Hors de l’ombre du sommeil

Et il est là.
Comme une ombre un souffle
indicible transparent
Mais bien là!
Une voix une respiration
une parole particulière
glissant dans mon corps habitant mes songes.

Fantôme présence passage… ou ?
Que sais-je ! Il parle
et je ne connais pas ses mots.
Il est là et je ne sais quoi faire
de ses messages électriques
mots de douleurs
maux de douceurs
vents
qui me poussent me poussent me repoussent. 

Rencontre ou combat ?

Ombre passagère,
Je te sens je t’entends je te rêve je te tremble
Tu grignotes cisaille retaille l’incertitude en moi
Un voile une respiration saccadée de l’aube.
Ton ombre flotte sinueuse
glisse frauduleuse
Le soleil de l’aube ne t’éteint pas tu résistes et restes
Et moi je verrouille je me perds je cherche et j’erre aussi…

Que puis-je pour toi ?
Hors de l’ombre du sommeil.

Gamme

L’ombre de ton souffle adoucit la nuit
Ton corps endormi porte la musique
De plaisirs enlacés, gravés
de la langue épicée de nos corps
A l’instant lumineux
De toi
De moi

Tout coule
de la source d’une ampleur
de l’oscillation de l’écho
Nourri grave intense
De cette gamme improvisée
De l’aube
Et de nous…

Sans ménagement

Déménager, sans ménagement, sans repaires, sans douceur.
Gestes répétés, de début et de fin, de nuit et de jour.
Blesser l’espace et le temps d’un nouveau changement.

Le corps accède le premier à ces lumières nouvelles.
L’esprit hante encore l’histoire passée. Errant la nuit.
Captant aigrement les signaux de repos.

L’hôte est furtif. Le geste mécanique. L’espace ouvert.
Entrer dans le labeur qui reconstruit, bâtit et renouvelle
Sueur du poids, mécanique du rythme, gestes mesurés.
Qui suis-je ? L’espace qui m’habite ou celui que j’habite ?

Le carton git en forme informe sur le sol.
Blessé de colle vieillie, de coups de ciseaux impatients.
Sans destin, impropre, hors d’usage.

Les mains poussiéreuses portent le cadre endormi.
Naissance hors du long sommeil
Les clous résonnent, le marteau s’agite, le voilà au mur.

Et le présent est à nouveau habité.