Bégaiement…

A l’eau
Peau à peau
Ta peau m’est peau
Appeau de mes mains
Appeau de mes reins
Dépôt de mes peaux,
Qui me collent à la peau
Comme pot de colle
Peau d’école décolle

Colle porte ma peau mate
Colle mate ma porte dépôt
Colmate mes pores mes ports
Mate mate mon col ma peau
Mate le peu de peau
Le peu de pas
Mate le port maternel
Mon éternelle sempiternelle
Peau de ma peau de ta peau
Terre ma terre maternelle
Pot de terre dépôt du repos

En pause de ta peau
Pause de posture
Posture ou imposture imposée
Pause du repos imposé
Imposé posé reposé
Peau à peau reposé déposé
A l’eau de l’aube
De demain
De mains
Peau à peau

Instants de bambou…

Aujourd’hui je vous regarde tous bavarder, échanger, rire, tout en gérant l’apéro avec la bande des petits, enthousiastes et bruyants.
Vous êtes jeunes, beaux, amoureux. Débordés et fatigués aussi mais si vivants. Il y a les nouveaux qui entrent dans la bande des cousins pour la première fois, oscillant entre timidité et curiosité. Il y a ceux qui reviennent de loin et prennent la température d’un univers qui a bougé en leur absence. Il y a à la fois, proximité et distance, qui jouent un espèce de cache cache singulier.
Vous construisez, bâtissez, engrangez. Tout en surveillant d’un œil vif les allées venues de la petite troupe. Les doudous sont légions, les chaussettes perdues aussi, avec les cris de joies en supplément.
C’est délicieux de vous voir. Une bouffée de plaisir.
Je pourrais presque rester à vous regarder, tant ce qui perle de partout éclate de vitalité et d’espoir. Je cueille çà et là des nouvelles, questionne les projets, apprend à sentir quels sont vos chemins. Chacun, vous avez suivi le vôtre, vos envies, vos talents, vos fougues et vos réserves.
Cela me parait hier ces moments-là. Ces instants foisonnants, débordants, où nos familles se construisaient. Aujourd’hui nous sommes les Nanny, Papy, Manou, Grand mère, tantes, etc… fondus et attendris. Nous avons grandis, pris de la tendresse, acquis ce qu’il faut de détente pour apprécier l’instant.
En nous voyant tous ensemble je nous trouve ressemblants à ces cascades coulant dans d’improbables et fragiles édifices de bambou. L’eau perle, glisse, insaisissable mais inexorable, obstinée.
La vie passe, coule et marche… et même sous la fine pluie, elle ne s’arrête pas.
Merci.